Portage salarial, portage entrepreneurial et micro-entreprise : quelles différences ? |
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Créer son activité est souvent l’un des moments les plus enthousiasmants… mais aussi les plus déroutants. Pendant puis après la formation, les nombreuses questions arrivent en masse : - Faut-il nécessairement s’installer comme auto-entrepreneur ?
- Le portage salarial est-il une option plus sécurisante ? Pourquoi ?
- Qu’est-ce que le portage entrepreneurial ? Quelles sont les différences ?
- Est-il possible de maintenir, de cumuler des droits au chômage ?
- Comment déclarer ses revenus ? une éventuelle TVA ? des frais ?
- Quid des factures ? un logiciel ? un prestataire ?
- La sécurité sociale ? Les assurances ? La prévoyance ? La baisse d’activité ?
- Quelle place ai-je envie d’accorder à la gestion administrative ?
- Ai-je beaucoup de frais professionnels ?
- Ai-je besoin d’être accompagné dans le développement de mon activité ?
- Quels droits à la formation vais-je acquérir ?
- Quelles assurances souscrire et où ?
Ces interrogations déjà nombreuses sans être exhaustives sont parfaitement légitimes car choisir un statut, ce n’est pas seulement une décision administrative, c’est aussi et surtout choisir la façon dont on souhaite exercer son métier. |
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Trois logiques très différentes |
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Ces trois solutions permettent d’exercer son activité de façon relativement autonome, mais elles ne reposent pas sur la même logique. A vous de trouver la vôtre ! |
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La micro-entreprise : seul à bord ! |
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Vous créez votre entreprise auprès du guichet unique puis vous recherchez vos clients, établissez vos devis, réalisez les prestations, saisissez vos factures, suivez vos règlements, déclarez votre chiffre d’affaires et payez vos cotisations sociales.
La micro-entreprise est une solution simple à mettre en place, globalement assez peu coûteuse à gérer. Elle offre une grande autonomie… mais elle suppose de prendre en charge l’ensemble de la partie administrative de son activité. Pour une activité qui démarre progressivement, elle constitue souvent une porte d’entrée intéressante et simple vers l’entrepreneuriat.
En résumé : la micro-entreprise privilégie l’autonomie et la simplicité |
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Le portage salarial : une pleine autonomie mais un statut de salarié |
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Le portage salarial est très différent : vous prospectez et trouvez vos clients, vous négociez vos prestations et organisez votre activité… mais, c’est une société de portage qui intervient dans la relation contractuelle et devient votre employeur, dont vous êtes alors salarié !
C’est la société de portage qui facture les prestations au client, encaisse et suit les règlements, gère la TVA, relance les impayés, établit les dossiers d’éventuelles prises en charge puis, elle prélève sur le chiffre d’affaires mensuel les frais de gestion et les cotisations sociales, et ainsi, vous verse une rémunération sous forme de bulletin de salaire. Vous conservez ainsi une grande autonomie dans le développement de votre activité mais vous relevez du régime social des salariés, déclarez vos revenus comme tel et cotisez à : - l’assurance maladie via la CPAM ;
- la retraite de base et complémentaire ;
- la prévoyance ;
- l’assurance chômage ;
- la formation professionnelle.
Maintenir une protection sociale de salarié a évidemment un coût : les cotisations sociales salariales ET patronales s’ajoutent aux frais de gestion prélevés par l’entreprise de portage.
À chiffre d’affaires équivalent, le revenu immédiatement disponible est donc très inférieur à celui perçu en micro-entreprise. Mais attention de ne pas limiter la comparaison au seul montant versé sur le compte bancaire : protection sociale, prise en charge des formations professionnelles, possibilité de gestion de ses frais professionnels, appui sur un réseau, contrats de groupes négociés et services associés doivent rentrer dans le calcul à moyen et long terme.
En résumé : le portage salarial apporte principalement le cadre et la protection sociale liés au salariat |
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Le portage entrepreneurial : déléguer une partie de sa gestion |
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Attention de ne pas confondre portage entrepreneurial et portage salarial : leurs fonctionnements sont très différents bien que les intitulés soient quasiment identiques !
Ici, le professionnel conserve son statut d’entrepreneur. La structure de portage prend en charge ou mutualise selon les formules proposées plus ou moins de fonctions administratives comme : - l’établissement des devis et des factures ;
- le suivi des règlements et les relances clients ;
- l’encaissement des prestations ;
- des outils de gestion et de pilotage ;
- un accompagnement administratif, juridique ou comptable ;
- des assurances professionnelles négociées collectivement ;
- la gestion de certains frais professionnels ;
- différents services mutualisés.
MAIS, le professionnel ne devient pas salarié de la structure : il ne bénéficie donc pas des mêmes droits sociaux que dans le cadre du portage salarial. Avant de signer, il est donc essentiel de comprendre précisément le statut juridique proposé, les assurances incluses, les frais prélevés et les droits réellement ouverts.
En résumé : le portage entrepreneurial permet surtout de déléguer ou mutualiser une partie de la gestion |
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Dans le détail, que paye t’on réellement ? Quelles questions se poser ? |
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Il faut comparer ce que chaque solution coûte, mais également ce qu’elle comprend, ce qu’elle apporte de temps libéré, de charge mentale allégée, de services rendus. |
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La gestion administrative : tout faire soi-même ou déléguer ? |
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La partie administrative inquiète beaucoup de futurs praticiens. La gestion d’une micro-entreprise reste relativement légère comparativement à celle d’autres formes d’entreprise et de nombreux logiciels, notamment ceux liés à la facturation électronique désormais obligatoire, permettent d’automatiser une partie de ces obligations comptables comme établir : - vos devis ;
- vos factures ;
- le suivi des paiements ;
- votre livre des recettes ;
- vos déclarations de chiffre d’affaires ;
- le classement et l’indexation de tous vos justificatifs ;
- vos différentes assurances et contrats professionnels.
Certaines personnes apprécient cette autonomie. D’autres vivent chaque facture, déclaration ou relance comme une charge mentale supplémentaire. Dans ce cas, le coût d’un portage, salarial ou entrepreneurial, peut être envisagé comme l’achat d’un service : celui de retrouver du temps et de la disponibilité pour son activité professionnelle. |
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Les assurances : le grand oublié du calcul ! |
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A moins que vous ne soyez membre d’une fédération ou association professionnelle qui a déjà négocié des contrats de groupe, il peut être intéressant de bénéficier des contrats collectifs des sociétés de portage qui permettent à leurs membres ou à leurs salariés de bénéficier par exemple d’une responsabilité civile professionnelle, d’une protection juridique, d’une médiation à la consommation, d’une prévoyance, d’une complémentaire santé ou d’autres garanties professionnelles spécifiques.
Un praticien indépendant doit rechercher, comparer, se heurter à des refus parfois… puis souscrire individuellement les assurances dont il a besoin, sans prendre le risque d’en oublier… et, assumer des coûts souvent plus élevés que les tarifs négociés.
En résumé : ne sous-estimez pas ce sujet si vous ne voulez pas de mauvaise surprise |
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Les frais professionnels : une différence à long terme |
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Pour un praticien en massage bien-être, les dépenses professionnelles sont rapidement nombreuses : table, chaise et/ou futon de massage, linge (serviettes, draps, plaids…), huiles végétales et essentielles, consommables jetables, matériel de confort (coussins, marchepied…) mais aussi les frais de déplacements, la location d’un local, les dépenses de communication, les abonnements et cotisations, le nom de domaine et j’en passe !
En micro-entreprise, la gestion est simplifiée : les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires encaissé et les dépenses réelles de l’entreprise ne sont pas déduites. En portage salarial, les frais professionnels peuvent être pris en compte dans le respect des règles applicables.
En résumé : si vos frais professionnels augmentent avec le temps intégrez bien cette question à vos simulations de statut |
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Formation professionnelle continue |
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En massage, continuer d’apprendre, d’explorer, de pratiquer et de se perfectionner est essentiel pour faire évoluer sa main et rester un bon praticien.ne.
Les droits à la prise en charge sont ouverts aux micro-entrepreneurs et aux salariés portés, mais ils ne relèvent pas des mêmes organismes ni des mêmes modalités de prise en charge. Le montant des prises en charge, les conditions d’accès et les formations éligibles doivent donc être vérifiés en fonction de la situation individuelle du professionnel car ils peuvent représenter une réelle différence ! |
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Retraite, maladie et protection sociale : une réflexion à long terme |
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Cotiser moins, c’est disposer de davantage de revenus immédiatement disponibles, mais parfois oublier que les cotisations financent des droits futurs.
- En micro-entreprise, le professionnel bénéficie d’une couverture maladie et acquiert des droits à la retraite selon les règles correspondant à son statut et au niveau de chiffre d’affaires déclaré.
- En portage salarial, le professionnel relève du régime général des salariés et cotise à la retraite de base et à la retraite complémentaire.
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France Travail et allocations chômage |
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Le portage salarial repose sur un contrat de travail et donne ainsi lieu à des cotisations à l’assurance chômage. Le micro-entrepreneur en revanche ne cotise pas au régime classique d’assurance chômage au titre de son activité indépendante.
Lorsqu’une personne dispose déjà de droits auprès de France Travail au moment de la création de son activité, différentes possibilités de cumul ou d’accompagnement peuvent cependant exister. Il peut être essentiel de vérifier ses droits avant de choisir son statut, notamment lorsqu’un projet de création d’activité intervient après une rupture de contrat de travail. |
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En conclusion, j’ai accompagné de nombreux apprenant.es dans leurs projets de formation et d’installation et si un chose me semble évidente : il n’existe pas de statut idéal pour tous.
Lorsque l’on prépare son installation, on cherche souvent la solution qui permettra de payer « le moins de charges possible ». C’est compréhensible, mais pas toujours suffisant. L’essentiel est de comprendre ce que l’on choisit, ce que l’on paie et ce que l’on obtient en contrepartie. J’espère que cet article vous aura aidé à vous repérer.
Un statut professionnel n’est pas un contrat pour la vie ! Celui qui convient au démarrage de son activité peut ne plus être adapté trois ou cinq ans plus tard. N’hésitez pas à changer avec le temps, le meilleur statut est celui qui permet de construire une activité viable, sécurisante et suffisamment simple pour pouvoir consacrer son énergie à ce qui compte vraiment : développer son activité et exercer son métier avec passion. |
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